Blockbusters de l’été : qui a gagné ?

Posté dans Dossiers par - 6 septembre 2013

Un blockbuster, c’est quoi ? C’est une une bombe utilisée par la Royal Air Force pendant le Seconde Guerre Mondiale qui permettait de pulvériser un pâté de maison. Le terme a ensuite été repris par le théâtre américain pour désigner une pièce tellement populaire qu’elle pompait le public des autres salles, les forçant à mettre la clé sous la porte. Plus tard, l’expression s’est étendue au septième art, pour désigner les films qui mettent le box-office mondial à genoux en déployant de très (trop ?) grands moyens.Blockbusters de l'été : qui a gagné ?Pour mémoire, le premier « vrai » blockbuster est Les Dents de la Mer de Steven Spielberg, sorti en juin 1975. Et là vous me direz : « Tiens ?! Il est sorti en été ! ». Je vous répondrai qu’il n’y a pas de hasard. L’été, c’est chaud, c’est les vacances, et les corps se dénudent. Bref, c’est la période parfaite pour flatter notre soif primale de grand spectacle régressif dans les salles obscures climatisées.

Et depuis 1975, les étés nous ont amené plein de gros films bien gras, dopés aux millions de dollars, et aux campagnes promotionnelles dites du « rouleaux compresseur dans ta face ». Mais en ce bel été de l’an 2013, les studios hollywoodiens y sont allés franchement.

Il faut dire que la fréquentation des salles de cinéma était en chute. Il fallait de nouveau attirer les clients dans les salles, et pour ça, rien de mieux qu’une bonne grosse production de plus de 100 millions de dollars pour rassembler les foules.

Cet été (du 5 juin au 14 août), 9 films ayant coûté plus de 100 millions de dollars sont sortis. Soit, environ, 1 super-production par semaine. Productions bénéficiant du fameux supplément tarifaire inhérent à la 3D.

Sur le nombre, fatalement, des studios allaient mordre la poussière en se ramassant au box-office. Oui, mais lesquels ?

Mais qui qui c’est qui a eu plein de sou-sous dans la po-poche ?

Pacific Rim - RobotMoi, moche et méchant 2 : vainqueur par K.O. Universal peut se frotter les mains, et faire un doigt à la concurrence. Budget de 76 millions pour 823 millions de recettes mondiales ! Plus de 4 millions d’entrées en France. Une affaire qui tourne, surtout face à Pixar/Disney avec Monstres Academy.

Man of Steel, le film le plus cher de cette fournée estivale 2013. 225 millions de dollars de production. Après avoir aligné une telle somme, la Warner avait de quoi serrer les dents. Mais le film a rapporté, à l’heure actuelle, 657 millions de dollars. Un beau succès, mais plombé par un budget colossal, comparé à Moi, moche et méchant 2.

World War Z. L’apocalypse selon Brad Pitt a coûté 190 millions de dollars. Et le Brad est revenu de son apocalypse pleine de zombies hystériques avec 532 millions.

Star Trek Into Darkness, de J.J. Abrams a ouvert les hostilités en début d’été. 185 millions de dollars de dépensés, et 462 millions de rentrés. La Paramount est heureuse.

Wolverine : Le Combat de l’Immortel a de la chance. Le pouvoir d’attraction du super-héros a rapporté 358 millions, pour 120 millions d’investissement. Le griffu a toujours la forme malgré une qualité plus vraiment au rendez-vous. La Fox peut tout de même se réjouir de ce score.

Insaisissables s’en sort avec les honneurs, et avec la caisse au passage. 75 millions de budget, et plus de 308 millions de recettes. Succès pour un film qu’on n’attendait pas vraiment. Louis Leterrier peut être content, et s’atteler à la suite sans problème.

Jusqu'au cou...

Jusqu’au cou…

Pacific Rim de Guillermo del Toro figure parmi les plus belles claques de l’été. 190 millions pour 404 millions de chiffre. Un score très honnête, surtout pour un fantasme de réalisateur.

Les Schtroumpfs 2 font dans la simplicité. 105 millions de budget, pour 255 millions de dollars d’entrées.

After Earth… Peut-on le considérer comme un échec ? Pas vraiment… Le film a réussi à être rentable au niveau mondial (merci Will Smith), sans pour autant doubler son investissement comme ses concurrents (130 millions de dépensés pour 243 millions).

Elysium de Neill Blomkamp n’est, certes, sorti il n’y a qu’une quinzaine de jours, mais il s’en sort mieux que Lone Ranger, étant déjà plus rentable que ce dernier, plus ancien.

Lone Ranger, Naissance d’un héros, ou pas. Ce qui devait être le point de départ d’une franchise se prend une gifle. Seulement 24 millions de dollars de différence entre le budget (215 millions) et le chiffre d’affaires (239 millions). Certes, le long-métrage est rentable, mais il peut être considéré comme un échec, Disney ayant misé énormément sur son potentiel.Tableau Box-Office Eté 2013

Résultat des courses

Le succès de Man of Steel était logiquement attendu, le film étant créée et produit pour être une véritable machine à tuer le box-office. Mais même si les chiffres bons, ils ne sont pas aussi intéressants que Moi, moche et méchant 2.

Si on fait la différence entre budget et recette, le film d’animation d’Universal est nettement plus rentable, celui-ci ayant rapporté, une fois le budget soustrait aux recettes mondiales, 747 millions de dollars. Soit plus de 9 fois le coût de production du long-métrage. Man of Steel, lui, ayant « à peine doublé » son budget.

Le fait qu’une production de moins de 100 millions soit plus rentable qu’une autre de plus de 200 millions est peut-être un signe de l’essoufflement d’Hollywood. Les blockbusters ont, certes, permis d’augmenter la fréquentation des salles, mais ce au prix d’une rentabilité décroissante.

Pour enfoncer le clou, Insaisissables fait aussi cas d’école. Le film de Louis Leterrier a triplé son budget (de moins de 100 millions). Bien qu’inattendu, le film est plus rentable que Man of Steel, et de tous les autres blockbusters de cet été.

A côté de ça, nous retrouvons Lone Ranger, Naissance d’un héros, une super-production Disney qui s’est violemment ramassée. Il faut dire que reprendre une formule déjà usée jusqu’à la moelle (ici, celle de Pirates des Caraïbes) n’était peut-être pas une bonne idée avec autant de concurrence. Le long-métrage réussit heureusement à être rentable, mais après l’autre échec de John Carter, Disney risque bien de revoir sa politique cinématographique.Le Jour d'après - Hollywood

Et ce n’est peut-être pas une mauvaise idée. Le système hollywoodien crée par Spielberg et Lucas commence à montrer ses limites, avec des coûts de production de plus en plus élevés, une rentabilité plus vraiment au rendez-vous, et une concurrence de plus en plus appréciée du public.

Même si les grosses productions permettent aux studios de garder la tête hors de l’eau, le public, lui, face à une offre de plus en plus abondante, risque bien de s’en détourner pour des films moins gros, plus humains, au capital sympathie plus important. Cet été nous en a apporté la preuve.

Allons-nous aller vers un renouveau du cinéma mainstream, moins colossal, plus humain, pour une rentabilité croissante ? La futur nous le dira. Mais l’abus de blockbusters peut amener à l’écœurement d’un public qui vient de montrer ses préférences.

Et si finalement, cet été, c’était le public qui avait gagné ?

NDA : Les chiffres viennent tous de Box Office Mojo, et les recettes sont à l’échelle mondiale. Pour chaque semaine de la période estivale (5 juin au 14 août), nous avons désigné 1 blockbuster au budget de plus de 100 millions de dollars. Les 2 films ayant un budget inférieur à ce seuil (Moi, moche et méchant 2 et Insaisissables) figurent dans cet article en raison de leurs résultats intéressants à analyser.

NDA² : Si Iron Man 3 se figure pas dans cette liste, c’est simplement parce que le film est sorti fin avril, donc bien avant l’été. Il était donc, à mon sens, non pertinent de le citer.

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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