Vive la France

Posté dans Critiques par - 14 février 2013
Vive la France

Le Taboulistan, fière nation limitrophe du Kirghizistan et du Tadjikistan, ne figure sur aucune carte. Ayant pourtant inventé la fameuse recette du Taboulé, son attribution erronée aux libanais a fait sombrer le pays dans l’oubli et la misère. Afin de rétablir la vérité et de faire revenir le Taboulistan sur le devant de la scène internationale, leur dirigeant a la lumineuse idée d’envoyer les deux meilleurs terroristes du pays détourner un avion pour faire sauter la Tour Eiffel. Manque de chance, une grève des contrôleurs les fait se poser… En Corse.

It’s nice. Not!

Après cette courte mise en bouche, un flashback nous présente le village natal de notre duo de choc : impossible ici de ne pas penser immédiatement au plus célèbre journaliste Kazakh du monde, tellement la scène est identique à celle de Borat.

Mais là ou ce dernier brillait par sa véritable audace et son humour déplacé (qui lui avait valu un procès de la commune par la suite), Vive la France se contente de nous servir un portrait au ras des pâquerettes d’un peuple dont la fierté culturelle (Taboulé mis de côté) semble être une danse où les hommes frappent leurs femmes. A noter qu’il s’agit là de LA blague « choc » qui sera usée jusqu’à la ficelle tout au long du film.

A ce point, s’il n’en tenait qu’à moi, tout serait déjà dit.

Vive la France - Michaël Youn & José Garcia

Très Moyen-Orient

On assistera donc à une suite de péripéties qui mènera nos deux taboulis – aidés d’une journaliste rencontrée en route (garantie plastique du film) – jusqu’à la ville lumière.

Non satisfait de nous servir un mauvais remake, Michaël Youn semble avoir mis un point d’honneur à bâcler absolument tous les aspects de son film. On peinera donc à trouver la moindre substance au duo qu’il incarne avec José Garcia, étant donné qu’ils ne s’expriment tantôt plus guère qu’avec onomatopées et grognements, tantôt avec un français tout à fait correct. De même, incapables de camper un rôle crédible (à l’instar d’un Sacha Baron Cohen dont l’investissement dans ses personnages force l’admiration), les deux taboulis n’ont pas jugé nécessaire de convenir d’un accent propre à leur langue, si bien qu’il changera tout au long du film.

Mais l’inconsistance du film ne se limite malheureusement pas à son scénario léger, ni même à ses interprètes désinvestis.

Vive la France - Michaël Youn & José Garcia

« Il n’y a que toi qui me fait ça »

En plus d’être lourd quand il n’est pas absent, l’humour de Vive la France ne se satisfait pas de réutiliser des stéréotypes déjà existants ; Michaël Youn va encore plus loin en ne cherchant même pas à donner une identité propre à chaque région, préférant un cliché général déclinable à volonté.  A quelques vannes près, on se retrouvera donc partout avec le même schéma : on a un accent (là encore mal imité), on picole et on répète inlassablement qu’ « ici, c’est pas la France ».

Pour enfoncer le clou, restent les séquences destinées à nous révéler les charmes de notre beau pays : sur fond de morceaux à l’emblématisme aussi subtil que la Tour Eiffel (« Douce France », « Les Prénoms de Paris »), Michaël Youn nous sert de beaux travellings dignes des meilleures pubs de roquefort ou de confiture.

Verdict

Bref, non. Je ne check pas.

Article rédigé par
Censeur sentencieux

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