Victoria

Posté dans Critiques par - 29 juin 2015
Victoria

5h42. Berlin.

Dans le bruit et la fureur d’un club berlinois, la jolie espagnole Victoria, (Laia Costa, révélation) fraîchement débarquée rencontre Sonne et ses potes, Boxer, Blinker et Fuss.
Emportée par la fête et l’alcool, elle décide de les suivre dans leur virée nocturne. Ils lui ouvrent leur Berlin underground, le bitume et les étoiles du haut de gratte-ciels.

Ils se parlent en anglais et ils apprennent à se connaître. Entre Victoria et Sonne, une attirance se profile mais pas le temps car Sonne doit aider Boxer à tenir une promesse. La jeune fille accompagne la bande dans une folle et tragique aventure, un braquage. La soirée est en train de sérieusement déraper…

Grand Prix du Festival International du film policier de Beaune, Ours d’argent à Berlin et pas moins de six Lolas (équivalent allemand des César), Victoria de Sebastian Schipper est un plan séquence de 2h14, une expérience physique, tant le rythme du récit en temps réel nous happe du début à la fin. Le spectateur vit en direct cette folle virée berlinoise.

Nous sommes admiratifs de la prouesse technique de tourner ce film en une seule prise, ce qui a nécessité 2 mois de préparation, une course dans 22 lieux différents, 150 figurants, 7 acteurs suivis par 3 équipes son et un tournage de 4h à 6h du matin pour éviter de fermer les rues. Mais le plan séquence n’est pas qu’un exercice de style. Il porte le film.Victoria - Laia Costa

C’était la volonté de Sebastian Schipper de raconter un monde à bout de souffle et de nous laisser dans le même état. Comme le réalisateur l’expliquait, il ne voulait pas raconter un braquage, mais le vivre et permettre aux spectateurs de partager cette expérience. On est embarqué, avec la caméra, au plus près de ces jeunes acteurs, à l’énergie incroyable et au talent fou.

Dans ce thriller, la violence est latente et on sent que tout peut dégénérer, très vite, mais c’est avant tout un film sur l’amitié, la solidarité et une jeunesse désœuvrée.

Une mise en scène exaltée, une bande son prenante et une image hypnotisante dans les tons de bleu, Victoria joue avec nos nerfs et nos émotions.

7h56, le soleil se lève, nous sommes sonnés. Une vraie expérience de cinéma.

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Un commentaire

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