Time Out

Posté dans Critiques par - 10 décembre 2011
Time Out

Pour expliquer ce film, je vais prendre un exemple simple. Vous allez chercher votre sandwich de 30cm, pain italien, poulet épicé, salade, concombres, poivrons, oignons, sauce mayo au fast-food du coin. Au moment de payer, la caissière vous dit avec un large sourire : « Ça vous fera 5 minutes de votre vie. ». Ça calme…

… Pour le reste, il y a MasterCard.

Parce que dans l’univers futuriste de Time Out, l’argent, c’est votre temps de vie. Alors votre sandwich poulet épicé, vous y réfléchissez à 3 fois. Surtout quand on est Justin Timberlake, qu’on est pauvre, et qu’on a constamment moins de 24 heures de vie devant soi. Le monde est régi de cette manière : les pauvres dans les quartiers pauvres (logique) qui meurent, et les riches dans les quartiers… riches (logique #2) qui vivent des siècles. Puis, dans la vie de notre beau Justin apparaît un « riche » centenaire, fatigué de vivre vieux. Celui-ci va lui parler du fonctionnement de ce monde de dégénérés, lui faire quelques révélations, et quelques cadeaux. Et là, ça part en cacahuète.

Alors oui, le script frôle le génie. Génie maléfique, certes, mais génie quand même. On pourrait même faire un parallèle avec le capitalisme. Ceux qui survivent sont les plus rentables. C’est très bien trouvé, et le statut de film d’anticipation n’est pas volé. L’univers est crédible, bien que pas très profond. C’est dommage, parce qu’il y a matière à faire quelque chose d’énorme avec cette idée.

Par contre, Time Out cherche aussi à faire dans le film d’action. Et c’est justement le mélange anticipation/action qui fait que ce long-métrage boite.

« Bon les mecs, c’est génial tout ça… Mais on en fait quoi ? »

On a l’impression que le réalisateur sait pas trop quoi faire de son pitch génial. Alors il prend un pauvre, et lui fait faire sa crise d’adolescence. Le genre de crise « Le système, c’est trop d’la merde ! » qui fait que des voitures se crashent, et que les gens se tirent dessus. Malheureusement, ces scènes ne sont ni intenses, ni nombreuses. D’un côté, on a un univers exploité qu’au tiers, et de l’autre, de l’action un peu molle qui essaye de rendre le film rythmé.

Alors on ne s’ennuie pas. On réfléchit. On compare ce monde à notre monde. On trouve Amanda Seyfried sexy malgré sa coupe, Justin Timberlake beau gosse malgré son passé dans le R’n’B, et que Cillian Murphy est l’un des meilleur acteur de sa génération malgré sa tête de tueur (bien qu’un peu transparente ici). On n’atteint pas des sommets dans le cinéma d’anticipation, ni dans le cinéma d’action, mais au final, on passe un bon moment.

Je check quand même ce film, parce qu’il nous montre un univers intéressant et cohérent. Même si on ne se prend pas une vilaine claque, on en ressort heureux de pas avoir vu un énième film dénué de fond qui prend le spectateur pour un urinoir.

 

 Bref, moi, j’ai envie de sandwich…

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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