The Impossible

Posté dans Critiques par - 19 novembre 2012
The Impossible

L’Espagne… Ce pays chaleureux. Son soleil, ses plages, ses paysages de Western, sa gastronomie, ses danses traditionnelles, et ses réalisateurs complètement ravagés ! Quand il s’agit de faire dans l’horreur, les espagnols se démarquent bien du lot. On a eu [REC], 28 Semaines Plus Tard, et L’Orphelinat (entre autres…). Autant de claques dans la tronche que de bons films. Du coup, la perspective d’un film sur le tsunami de 2004 en Thaïlande réalisé par Juan Antonio Bayona ne peut être que réjouissante.

D’autant plus que le long métrage est basé sur l’histoire vraie de María Belón, mariée et mère de trois enfants, qui a survécu malgré tout à la catastrophe. Et tout ça, même séparée de sa famille par la déferlante mortelle. L’histoire semble impossible à croire, et ça tombe bien, c’est le titre.

Dans la vague

Ce qui frappe dans The Impossible, c’est la maestria de la mise en scène. Loin de tout gigantisme pompeux cher aux blockbusters, il est ici question de point de vue à la manière d’un Steven Spielberg. La scène du tsunami nous donne littéralement l’impression d’être emporté avec les personnages par la vague, et d’être ballotté par les débris.

Cinéma espagnol oblige, on est face à un réalisme époustouflant et frontal. « La catastrophe était colossale et violente ? Et bien soit, on le montre. Les dégâts matériels et humains sont horribles ? Et bien soit, on le montre. »

Quand les violons arrivent…

Dans la tourmente

Malheureusement, une fois la moitié du film passée, et la claque de la vague digérée, on se tourne vers quelque chose de beaucoup plus « grand public ». De peur d’être trop rude, The Impossible glisse lentement vers un sentimentalisme familial un peu trop conventionnel.

Alors certes, l’histoire étant vraie, il est difficile de critiquer ce virage. Mais on se demande si l’utilisation abusive des violons tire-larmes était justifiée, l’histoire se suffisant à elle-même en terme d’émotion.

Autre bémol : le passage sous silence de la population locale, qui a tout aussi bien dérouillé que les touristes. Les habitants sont un peu trop ignorés, et ne sont relégués qu’à un court passage, certes émouvant, mais trop rapide. L’absence du traditionnel texte « hommage aux disparus » à la fin de tout bon film catastrophe donne une légère impression d’hypocrisie. Finalement, on s’intéresse plus aux occidentaux qu’aux locaux, et c’est bien triste.

Mais ne boudons pas notre plaisir. La maîtrise du réalisateur qui traduit, d’un simple mouvement de caméra, les pensées d’un personnage fait mouche. A laquelle s’ajoutent de véritables talents d’interprétation. Entre Naomi Watts, Ewan McGregor (magnifique scène du coup de fil), et le jeune Tom Holland, on a bien du mal a décider lequel est le plus émouvant.

En clair, on check devant autant de réalisme, et de maîtrise !

Article rédigé par
Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

A lire également

Laisser un commentaire