The Artist

Posté dans Critiques par - 27 février 2012
The Artist

Je viens de me dire : « Tiens, The Artist, c’est un film muet, alors pourquoi je ferais pas une critique muette ? ». Seulement, je viens de réaliser qu’écrire le muet … Et bien c’est délicat. Vous en conviendrez, j’ai eu une idée complètement débile. Mais en même temps, j’ai la pression, parce que je suis pas en train d’écrire la critique d’un Transformers, mais d’un grand film, français, en noir et blanc, muet, et en lice pour les Oscars. Autant dire qu’il faut pas que je me rate, et que je vous gerbe un texte diarrhéique.

Au fait, chéri, t’es « has been » !

Si vous ne connaissez pas l’histoire de The Artist, c’est que vous vivez soit dans une grotte et que vous sortez pour la première fois, soit que vous sortez d’un long coma. Toutes les autres excuses ne sont pas valables. Alors pour ces quelques personnes, je la résume rapidement : 1927, George Valentin, star incontestée du cinéma muet, est au sommet de sa gloire. Argent, succès, tout lui sourit, y compris les journalistes et les groupies. Il rencontre une jeune actrice au sourire surdimensionné, Peppy Miller, qui deviendra plus tard une star du cinéma parlant. Oui, parce que le film se passe à une époque charnière du cinéma : l’arrivée du son. Les deux protagonistes tombent amoureux, mais le succès de l’un va causer la chute de l’autre.

Bref, ici, on est en pleine histoire d’amour, et même si on sent venir le scénario de très loin, le concept de départ est génial, et diaboliquement efficace.

Quand l’audace fracasse Hollywood

Une œuvre sur l’amour, dont le cadre est le cinéma américain des années 20, réalisée par un français, avec des acteurs français et ricains, en noir et blanc, et muette, ça fait tâche. Surtout à côté de films 3D IMAX qui enchaînent les images de synthèse plus ou moins bonnes.

Mais en même temps, ça fait une belle tâche. Les comédiens se donnent à fond pour faire vivre leurs personnages. La gestuelle se doit d’être irréprochable, et elle l’est. Notre Jean Dujardin (traduisez James Of The Garden en anglais), bien connu pour ses rôles d’ahuris colle à George Valentin, tout en rire, en sourcils rebondissants, et en expressions faciales franchement justes. Bérénice Bejo (traduisez  Bewénaïce Bijo en anglais) éclate de sourire, et de peps. Les acteurs américains (John Goodman, James Cromwell) jouent aussi le jeu, et leurs têtes renforcent l’immersion dans ces Etats-Unis des années 20/30. Et je parle pas du chien, qui mériterais un prix d’interprétation à lui seul.

Film muet oblige, les codes du cinéma de cette époque sont utilisés. Les musiques traduisent très bien les situations, les appuient, et apportent leurs doses d’émotions. Comme leurs absences d’ailleurs. Les éclairages aussi, pensés pour le noir et blanc, fonctionnent très bien.

La liste des qualités est très longue. Dans celle des défauts, je noterais juste une mini-longueur, mais toute petite, voir minuscule, pendant la descente aux enfers. Mais l’enchantement d’une telle œuvre est si intense, le récit est si prenant, le style est si bien foutu, que cette micro-longueur tient plus du chipotage de ma part que de la véritable critique.

Le succès, autant critique que populaire, que rencontre The Artist est largement mérité. Comme quoi, au cinéma, le public n’a pas vraiment de demande. Sinon, comment expliquer qu’un film aux opposés des schémas cinématographiques actuels soit aussi salué ?

Bref, je check, je re-check, je dirais même que je check sa race ! Et je salue l’audace !

Le film gagne à être vu au cinéma. Sa force n’est que décuplée.

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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