Sils Maria

Posté dans Critiques par - 20 août 2014
Sils Maria

Maria Enders (Juliette Binoche), actrice au sommet de sa carrière internationale, se voit proposer de rejouer dans la pièce qui a lancé sa carrière il y a 20 ans : Le Serpent de Maloja. Elle y incarnait Sigrid, jeune femme séductrice et ambitieuse, qui troublait et poussait au suicide une autre femme d’âge mûr Hélène. Maria accepte de jouer cette fois-ci Hélène, cette femme mûre dont elle a à présent l’âge face à Jo-Ann Ellis (Chloë Grace Moretz) jeune starlette et cible des paparazzi.

Pour répéter ce rôle, elle décide de s’isoler à Sils Maria,  petit village des Alpes suisses en compagnie de Valentine sa jeune assistante (Kristen Stewart). C’est donc Valentine qui dit les répliques de Sigrid à Maria. Si les répétitions entre les deux femmes dans ce magnifique décor que sont les montagnes suisses, à la fois apaisantes et terrifiantes, sont parfois répétitives, elles créent toute la complexité du film et la mise en abyme entre les personnages des actrices et le rôle de théâtre qu’elles interprètent. Où commence la fiction et où s’arrête la réalité ? Valentine qui lit le texte de Sigrid pourrait être cette dernière et séduire Maria/Hélène. Les tirades qu’elles se lisent pourraient s’appliquer à l’ambiguïté de leur relation. Ambiguïté que maintient Olivier Assayas lorsque Valentine disparait à la façon de la pièce de théâtre.Sils Maria - Kristen Stewart

L’effet de miroir s’applique également aux actrices. Juliette Binoche pourrait être Maria, actrice au sommet de sa gloire mais qui doit faire face aux nouvelles étoiles montantes. Tout comme Kristen Stewart et Chloë Grace Moretz, vedettes respectives de Twilight et Kick-Ass, pourraient être Jo-Ann, jeune actrice en proie aux sites people à scandales et qui essaie de trouver des rôles adaptés à son talent d’actrice. C’est chose faite avec Sils Maria, très beau portrait de femmes et d’actrices, qui a clôt le Festival de Cannes cette année.

Olivier Assayas parvient à créer un malaise qui traduit les doutes et la solitude de Maria, abandonnée aux souvenirs de sa jeunesse. L’inquiétude transparait dans le paysage avec ce phénomène météorologique qu’est le serpent de Maloja : des nuages se forment comme un serpent et se déroulent dans la vallée entre les deux rangées de montagne. Métaphore de la menace et du temps qui passe.

Sils Maria est un film sur le travail d’actrices, de la répétition, aux doutes, à la création en passant sur les discussions autour de la création. Olivier Assayas n’hésite pas non plus à égratigner le star system de façon très drôle et subtile.

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