Renoir

Posté dans Critiques par - 24 décembre 2012
Renoir

Dans son domaine des Collettes sur la côté d’Azur, Auguste Renoir vit reclus au milieu de ses grands oliviers, entouré de ses servantes avec pour seule famille son troisième fils Claude. Sa quiétude va être troublée par l’arrivée de Renée, jeune fille à la beauté fascinante qui souhaite poser pour lui. Tourmenté par le deuil de sa femme et le départ de sa maîtresse, le peintre va retrouver en elle une énergie et une inspiration qui l’amèneront à réaliser parmi ses plus beaux tableaux. Mais le retour de Jean, le cadet Renoir blessé au front et envoyé en convalescence, va semer le trouble dans le foyer quand ce dernier découvre le dernier modèle de son père.

Renoir(s)

Si tous les personnages gravitent autour de Renoir père, le « patron », celui-ci n’est pas l’unique sujet du film, qui porte plutôt sur les relations qui vont s’instaurer entre le peintre, son (ses) fils et sa nouvelle muse.

Incapable de marcher, la barbe broussailleuse et constamment affublé d’un couvre-chef, Auguste Renoir n’en est pas moins remarquablement incarné par Michel Bouquet, qui offre une interprétation d’une subtilité qui lui est propre.
Capable d’une grande palette d’émotions par les simples expressions de son visage, il dépeint un portrait saisissant d’un homme obsédé par sa peinture, tourmenté par la détérioration de sa santé, qui signifierait aussi la fin de son art.

Malheureusement, en dépit de prestations toutes aussi honorables, Christa Theret (Renée) et Vincent Rottiers (Jean) semblent effacés par des personnages qui n’ont que peu de ressemblance avec leurs modèles historiques, et dont les caractères remodelés par l’imagination de Gilles Bourdos peinent à convaincre.

Quelle Histoire ?

Au futur réalisateur se découvrant une passion pour le cinéma par un visionnage presque obsessif de films pendant sa convalescence, entrainant avec lui la jeune modèle qu’il a décidé de consacrer actrice, se substitue un Jean Renoir aboulique qui se lancera dans le cinéma sans autre conviction que l’amour pour une Renée arrogante et lunatique.

Cette intervention sur le caractère des personnages nuit grandement à la force du récit ; on peine à s’émouvoir des relations d’amour et de conflit qui semblent se faire et se défaire à tout va. Entre ces personnages manquant singulièrement de substance, le récit n’avance finalement que lentement et l’on finit par s’ennuyer.Renoir - Michel Bouquet & Vincent Rottiers

Le peintre et le réalisateur

Sur le plan de l’image, le cadre enchanteur dans lequel se déroule l’action est cependant gâché par des couleurs trop chaudes et saturées qui dénaturent complètement l’image. Si la chevelure de Renée n’en est que plus flamboyante, la peinture subtile et pleine de nuances de Renoir paraît en comparaison froide et irréelle, presque expressionniste. Un comble quand on sait l’importance que les impressionnistes accordaient à la justesse de la lumière.

Verdict ?

Bourdos filme ici la peinture avec une caméra simpliste et parfois carrément réductrice, à l’image d’un plan flou où l’on ne discerne que quelques masses de couleurs, en écho à la peinture de Renoir.
Sans pour autant être un mauvais film, Renoir manque simplement de la saveur et du cachet qui m’amèneraient à le recommander à quelqu’un.

Je ne check donc pas, mais j’invite néanmoins les curieux à aller se faire leur propre opinion.

Article rédigé par
Censeur sentencieux

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