Oblivion

Posté dans Critiques par - 13 avril 2013
Oblivion

Un peu de culture pour commencer, parce qu’on est pas ici pour vous rendre plus idiot. Le mot « oblivion » vient du latin « oblivio » qui signifie « oubli », mais aussi « Léthé », la personnification de l’oubli dans la mythologie grecque. Dans cette mythologie, c’était un fleuve qui faisait perdre la mémoire à ceux qui buvaient son eau. Les morts qui avaient le droit de retourner sur Terre devaient boire cette eau pour perdre leurs souvenirs, avant de réinvestir un nouveau corps, et une nouvelle vie . Voilà. Maintenant que vous avez appris quelque chose, je vais pouvoir vous dire à quoi ça va nous servir.

« Décrocher la Lune » qu’ils disaient…

« Oubli » donc, comme la mémoire de Jack Harper (Tom Cruise). En 2077, les humains doivent obligatoirement subir un effaçage mémorielle. Pourquoi ? On l’ignore. Ce qu’on sait, c’est que la Terre a subi l’assaut implacable d’une race extra-terrestre. Ce qu’on sait, c’est que les extra-terrestres ont perdu la guerre, parce que l’humanité a eu recours aux armes nucléaires pour se défendre. Sur le papier, c’était bonne idée, mais en pratique, la Terre a été détruite. Les hommes ont quitté la planète pour Titan, un satellite de Saturne. Reste Jack Harper, et Vika, qui ont pour mission de s’assurer du bon déroulement du « recyclage » de la planète, avant de pouvoir la quitter à tout jamais. Un vaisseau spatial, en orbite de la planète, aide Jack et Vika dans leur tâche, et sert de passerelle vers Titan, la nouvelle colonie humaine. Mais un beau jour, un vaisseau s’écrase sur la Terre, et Jack découvre des survivants humains dans les décombres. L’un de survivants est en fait la femme qui hante ses rêves.

Il n’y a pas que la mémoire du beau Tom Cruise qui est perdue, mais aussi la vérité, oubliée dans les décombres de notre civilisation. Et c’est en fait la recherche de la vérité et de sa mémoire qui anime Jack.Oblivion - Tour

Parce que vous voyez ma p’tite dame, on est pas devant un film de science-fiction lambda. Ah ça non ! Ici ma p’tite dame, on fait de la SF de qualité ! On fait d’la SF avec amour ! On fait d’la SF avec un vrai scénario, un vrai univers, et d’vrais personnages, m’dame ! Ah on est loin du remake de Total Recall, m’voyez !

Plus d’amour que dans les recettes de ta grand-mère…

Oblivion est un film créé avec beaucoup d’amour pour les codes de la science-fiction ! Et on le voit. La mise en scène est impressionnante. Les images, élégantes, et malignes, sont de toute beauté, et quand l’action démarre, on en prend plein des yeux. C’est visuellement beau. Même si parfois, on sent quelques élans vidéoludiques qui jurent un peu avec le reste.

Si tout le monde s’est moqué de la séquence FPS du film Doom, c’est pas pour rien. La prise de vue à la première personne au cinéma, c’est bien, mais c’est pas joli. Par chance, ces passages sont très courts, et rares. Et puis la scène du drone est tellement bien foutue qu’on est capable de pardonner à Joseph Kosinski et son équipe tous ces mini-accros.

L’univers aussi montre un certain amour du cinéma de genre. Crédible, mais original, on se laisse facilement embarquer. Certainement parce que les équipes du film n’ont pas tout fait en images de synthèse bêtes et méchantes, qui ont tendance à donner la diarrhée visuelle…

… Mais moins vif que ta grand-mère.

Mais alors, pourquoi j’ai mis que 3 étoiles, ma p’tite dame ? C’est simple. Le RYTHME ! Le problème ne vient pas du scénario qui ne tombe pas dans la facilité, qui regorge de rebondissements, et qui crée un enchevêtrement de personnages intéressants. Le problème, c’est que c’est lent !

Soucieux de bien poser, et de bien développer son histoire et son univers, Oblivion perd de vue son rythme. Même efficaces, les scènes d’actions ne nous emportent pas dans un tourbillon comme un District 9. Ce sont finalement les rebondissements et les révélations qui maintiennent notre intérêt. Le spectateur se retrouve alors à attendre les nouvelles surprises du scénario, qui, heureusement, sont nombreuses, mais séparées par des instants qui semblent durer des heures.

Donc, oui c’est beau, oui c’est agréable, oui c’est surprenant, mais c’est long ! Un peu de nervosité n’aurait pas fait de mal au film. D’autant plus que Tom Cruise avait l’air d’être capable de faire toutes les cabrioles possibles et imaginables. Franchement, ce mec a plus de 50 ans, et il est toujours aussi bien foutu que dans Top Gun ! Ça en devient rageant…

Pour conclure ma p’tite m’dame, Oblivion, c’est un bon film de science-fiction, mais pas un très bon film, faute à son rythme.

Mais je check ! C’est toujours mieux que Jack le chasseur de géants, m’voyez…

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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