Mud – Sur les rives du Mississippi

Posté dans Critiques par - 26 avril 2013
Mud – Sur les rives du Mississippi

Les rives du Mississipi cachent autant de serpents que d’âmes idéalistes en quête d’amour et d’aventure. C’est ce que dévoile le dernier film de Jeff Nichols à travers l’histoire de jeunes garçons, Ellis et Neckbone, qui parcourent la rivière sur leur canot pneumatique.

Sur une île désertée, ils rencontrent Mud, un homme mystérieux et ombrageux qui contre toute attente, se met à leur parler d’amour. Par son récit fabuleux et romanesque, Mud va entrainer les deux jeunes garçons dans son propre rêve et faire d’une histoire de désenchantement amoureux une merveilleuse odyssée.

La fascination de la nature

Le premier effet que produit le film de Jeff Nichols sur le spectateur est d’abord l’émerveillement face à cette nature hostile, regorgeant de serpents et de lianes, et pourtant fascinante. Les escapades d’Ellis et de Neckbone permettent de révéler le grand talent du réalisateur pour filmer la proximité des deux adolescents avec la nature où la profusion rappelle les récits d’enfances sauvages tels que les romans nous le laisse imaginer.

Par des images magnifiques, on découvre des espaces désertés, inoccupés par l’homme, et pourtant très proches des villes et des espaces d’habitation ou vivent les deux garçons. Ce fil tendu entre nature et civilisation met en valeur l’espace mythique du Grand Sud américain où la beauté des paysages côtoie la misère affective et sociale des personnages.Mud - Sur les rives du Mississippi - Matthew McConaughey

Des personnages au fil de l’eau

Dans ce cadre merveilleux, les personnages du film sont interprétés avec un très grand talent. Campant le personnage de Mud, Matthew McConaughey joue avec force cet homme aux multiples visages. Héros solitaire et ténébreux, il s’élève en figure aventurière tout en révélant une fragilité et un malaise souterrains.

Quant à Tye Sheridan et Jacob Lofland, qui interprètent respectivement Ellis et Neckbone, ils surprennent par leur justesse de ton : sans pathos ni maladresse, ils jouent magistralement, et très différemment, ces deux personnages curieux et idéalistes à la frontière de l’enfance et de l’adolescence.

Le piège de l’enfance

La subtilité du film – qu’on peut aussi utiliser comme un reproche – est de toujours rester confrontée aux vies quotidiennes et réelles des personnages. Le regard des enfants permet de garder un certain recul critique face aux actions et aux récits illusoires de Mud et de faire de leur histoire non pas un conte merveilleux mais un récit teinté par les parts d’ombres que possèdent les adultes.

Plus que le récit d’une enfance onirique, le film de Jeff Nichols est d’abord une vision du désenchantement propre à l’entrée dans l’adolescence qui renouvelle le regard du spectateur sur le récit et ses personnages.

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