Mommy

Posté dans Critiques par - 7 octobre 2014
Mommy

Un 5ème film et à peine 25 ans ! Pour le cru 2014, prix du jury à Cannes, le réalisateur talentueux québécois, Xavier Dolan traite des thèmes qui lui sont chers, les amours impossibles et les liens mère-fils qu’il avait déjà mis en scène dans « J’ai tué ma mère ».

Mommy est un mélo familial planté dans la banlieue de Montréal. On suit les pérégrinations d’une mère, quadra haute en couleur et sexy en diable (magnifique Anne Dorval qui jouait déjà dans le premier film de Dolan) et de son fils atteint du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité.
Après avoir été viré d’un centre d’accueil, Steve repart vivre avec sa mère mais il est pour lui impossible d’avoir une scolarité classique et de mener toute vie sociale « normale ». C’est donc un peu isolé que le drôle de couple se retrouve et essaie de joindre les deux bouts entre crises et larmes. Leur voisine (Suzanne Clément), jeune femme bègue et ancienne prof, va se joindre à eux pour former cet étrange trio.

Chacun à sa façon est seul, mal compris et en dehors des clous. Leurs moments ensemble sont comme une parenthèses, un cocon où ils peuvent vivre leurs différences et des moments magiques comme cette scène jouissive dans laquelle le jeune homme et les deux femmes dansent en chantant à tue-tête « On ne change pas » de Céline Dion.
Mais la violence et les problèmes psychologiques sont toujours sous-jacents et ne peuvent être effacés. Diane (Anne Dorval) tente tout ce qui est possible pour ne pas renvoyer son fils dans un structure psychiatrique, tout en essayant de ne pas couler elle aussi.Mommy - Antoine-Olivier Pilon

Le point de départ de ce film est une loi américaine, abrogée depuis, qui permettait d’abandonner son enfant pour des raisons de sécurité ou financière. Le film pose la question de l’amour maternel et l’impossibilité de sauver les gens d’eux même malgré cet amour.

Xavier Dolan fait le portrait d’un adolescent grave et léger, arrogant et fragile. Antoine-Olivier Pilon (acteur du clip d’Indochine, College Boy, réalisé par Dolan) arrive grâce à la justesse de son jeu à nous faire sentir toute la complexité de son personnage, perdu et seul dans la douleur de ses excès de violence mais qui a terriblement besoin d’être aimé par sa mère à qui il demande un amour exclusif.

Mommy comme ses héros est un film à la fois violent, dur et tendre.
Grâce à la technique de réalisation choisie, champs et contre-champs, et à une format atypique 1.1 (carré), Xavier Dolan nous immerge dans la vie de ce trio. La beauté des images, de la lumière est à la hauteur de la force des sentiments car c’est avant tout un film qui se ressent. C’est peut-être une limite du film car si le spectateur n’entre pas dans le film et dans l’affect vis à vis des personnages, il n’a rien d’autres pour se rattraper. Un film total comme le réalisateur.

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