Moi, député

Posté dans Critiques par - 29 août 2012
Moi, député

La politique, c’est un peu comme une femme refaite. Vu de loin, c’est joli, et intéressant. Mais quand on s’approche et qu’on fait attention aux détails, on se dit qu’on aurait mieux fait de rester là-bas, à regarder le spectacle de loin.

Alors plutôt que de s’accouder à un comptoir en disant que les politiciens sont « tous des pourris », et que « y’en a pas un pour rattraper l’autre », autant en rigoler. Et tant qu’on y est, autant en faire une satire. C’est ce que s’est dit Jay Roach (le réalisateur).

Cam Brady, un député américain connaît bien la politique. Élu 4 fois d’affilé, il n’a pas trop de soucis à se faire. Jusqu’au jour où il commet une gaffe qui fait flipper les frères Motch, deux grands industriels, qui comptaient sur Brady pour modifier les lois à leurs avantages. Ils se mettent alors à chercher un nouveau candidat, un peu idiot, qui serait facile à influencer, pour servir leurs propres intérêts. Marty Huggins est ce type. Gentil mais un peu bas du plafond, ils vont le faire devenir une star politique qui éclipsera Cam Brady.

Tous les travers de la « politique spectacle » y passent. Dans l’ordre, nous avons l’hypocrisie, le mensonge, le sexe, l’orgueil, la cupidité, et plein d’autres trucs pas très cool. Heureusement, au lieu de nous pondre tout ça dans un pâté sobre et sérieux, nous avons droit à une comédie. Tout est exagéré, mais juste assez pour paraître crédible. Et c’était pas facile, surtout quand le but des véritables candidats est de faire « mieux » et « plus » que les autres.

On se moque de ces candidats qui se tirent dans les pattes (littéralement) pour remonter dans les sondages, et qui se ridiculisent presque pour faire « mieux », et enterrer l’autre. On découvre les dessous de ces joutes, motivées par des intérêts personnels ou financiers. On a aussi droit aux discours creux, aux slogans débiles, aux publics lobotomisés qui applaudissent pour un rien, et aux vacheries bien crades des candidats. Bref, on est en pleine satire bien agressive, et c’est bien agréable de voir un film qui ose en parler sur le ton de l’humour.

Mais film américain oblige, sur la fin, la morale est sauve. Pour un long métrage censé être satirique, le ton reste trop sage. Le film ne part pas assez en vrille pour vraiment nous arracher des fous rires. Mais il faut bien avouer que voir un bébé se prendre une châtaigne reste assez drôle, pour peu qu’on accroche à cet humour agressif. Les comédiens prouvent qu’ils ont un vrai talent comique, et ils l’utilisent avec sobriété et efficacité.

Trop sage pour marquer les esprits, Moi, député reste une comédie de bonne facture qui n’est pas que drôle, mais aussi instructive, maligne, et corrosive. Ça change. Si vous cherchez une bonne petite comédie, allez-y.

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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  • Ping de Moi, député, le test du Blu-ray – Check The Film
    21 janvier 2013

    […] le film en lui-même, vous pouvez vous reporter directement à notre critique. Pour résumer, le film est drôle, percutant, frais, mais également très prévisible, et bien […]

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