Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Posté dans Critiques par - 24 janvier 2012
Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Critiquer [verbe transitif] : Porter sur quelqu’un, sur quelque chose un jugement défavorable en faisant ressortir les défauts, les erreurs, etc. ; blâmer, désapprouver, censurer, condamner. Ex : Se faire critiquer pour sa négligence.

Dixit larousse.fr

 Je ne cherche pas à vous prouver que je suis consciencieux, et que je travaille tellement mes textes que je fais des recherches dans le dictionnaire. Je cherche pas non plus à vous montrer que je suis potentiellement plus cultivé que vous. Non, ce serait beaucoup trop simple. Je viens de mettre cette définition pour essayer de vous expliquer mon problème. Cette rubrique s’appelle « Critique », et j’écris des « critiques ». Seulement, aujourd’hui, je dois vous parler de Millenium, de David Fincher. Et pour être franc, je suis bien embêté, parce que je me vois mal critiquer ce film. Alors je vais plutôt vous en « parler ».

Stieg Larsson, un riche post-mortem

Directement tiré du premier tome de la trilogie de Stieg Larsson qui avait déjà fait l’objet d’une adaptation cinématographique suédoise, Millenium raconte l’histoire de Mikael Blomkvist, un reporter à succès du magazine Millenium. Enfin, à succès, jusqu’au jour où il décide de s’attaquer à un homme d’affaire, riche, puissant, véreux, en se basant sur des sources plutôt bancales. Mikael se prend une rouste, est traîné au tribunal, et perd le procès. L’histoire commence juste après le jugement. Mikael est ruiné, autant professionnellement que financièrement. Il s’auto-vire de son journal pour qu’il ne coule pas avec lui. Il reçoit alors un appel qui lui propose d’enquêter pour un ancien industriel. Cette enquête consiste à élucider le mystère qui gravite autour de la disparition de sa petite nièce. Il sera rejoint par une jeune femme, mi-gothique, mi-associale, pour l’aider dans cette affaire qui se trouve être particulièrement retorse et glauque. Je vous passe les subtilités de l’intrigue, celle-ci étant vraiment consistante.

Donc, ce long-métrage est un remake américain d’un film suédois qui était en fait une adaptation de roman, lui même suédois. Encore un remake américain me direz-vous. Oui, mais non. Le truc qui change, c’est que le réalisateur est loin d’être un débutant, et encore plus loin d’être un loser. C’est David Fincher qui est derrière Millenium. Le type qui nous avait balancé un Social Network léché, un Benjamin Button magnifique, et un Seven encore considéré comme le meilleurs thriller de ces dernières années.

« Tout ce que j’ai eu a faire, c’est vous servir un verre. »

Fincher n’aurait pas pu avoir de meilleure matière première que la saga Millenium. Sombre, complète, attractive, c’était de l’or en barre pour lui. L’action se passant en Suède, le réalisateur réussit à jouer avec ce climat glacial, et le retranscrit parfaitement à l’écran. Entre le clair, et le sombre, la teinte principale de l’image fait écho à l’intrigue : triste, sombre, glaciale. L’ambiance qui en ressort est terriblement froide et désespérante. Les musiques ici ne sont pas là pour accompagner l’action, mais pour faire partie de ce décors, de cette ambiance. Musique et image fonctionnent ensemble pour vous coller un froid viscéral.

Les acteurs principaux, quand à eux, prouvent qu’ils ont du talent. Daniel Craig, on le connaissait pour les grosses tatanes qu’il collait aux méchants de James Bond. Ici, on le retrouve dans un registre complètement différent : humain, et vulnérable. Sa tête allant parfaitement au personnage. Rooney Mara, on la connaissait pas trop. Mais force est de reconnaître que son jeu est impressionnant. Déjà que son personnage est intéressant, elle lui donne une consistance appréciable et force le respect. Tous les acteurs sont justes, sans exception. Fincher sait s’entourer.

Le scénario, enfin, réussit à nous surprendre, et à nous captiver. L’histoire de base étant déjà addictive, elle est ici renforcée par la maîtrise visuelle du réalisateur.

Je tiens tout de même à signaler que le film mérite largement son interdiction aux moins de 12 ans, le long-métrage étant vraiment dérangeant. Rien ne nous est épargné. On reste néanmoins pendu à cette enquête torturée contrôlée de bout en bout. Les 2h30 passent sans qu’on s’en rende compte. Enfin, si, j’avais mal aux jambes vers la fin. Mais je survivrai, c’était un sacrifice largement justifié.

Pour finir, je check. Et je check même une seconde fois pour bien montrer que c’est un bon film. Je suis comme ça moi… Je donne et je re-donne. Ma générosité me perdra.

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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2 commentaires

  • Son interdiction pourrait être -16. Certaines scènes sont un peu trop choquantes à mon avis pour une jeune adolescent.

  • Pourquoi seulement pour une jeune adolescente ?

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