Mamá

Posté dans Critiques par - 9 mai 2013
Mamá

Produit par le mexicain Guillermo del Toro, réalisé et écrit par l’espagnol Andres Muschietti, Mama a déjà tout d’un bon film d’horreur. Il faut dire que l’Espagne est un peu devenu le pays de l’horreur. Pas pour sa brillante situation économique, mais plutôt pour les longs métrages horrifiques qui en sortent. Même s’il pourrait y avoir une relation de cause à effet entre les deux… Mais ça, c’est une autre question…

Quand ça veut pas…

Mama, c’est l’histoire de deux petites filles qui n’ont pas beaucoup de chance. Elles sont portées disparues le jour de la mort de leurs parents. Mais leur oncle est bien décidé à les retrouver, et il est téméraire Jaime Lannister… Pardon, je voulais dire Lucas (incarné par Nikolaj Coster-Waldau). 5 ans plus tard, on retrouve enfin les petites dans une maison inhabitée au beau milieu de la forêt. Sauvages, désocialisées, mais vivantes. Tonton Lucas et sa petite amie (Jessica Chastain en mode rebelle) les accueillent pour qu’elles puissent reprendre une vie normale. Malheureusement, les gamines sont accompagnées du fantôme de Mamá, qui semblent être bien décidé à avoir la garde des deux enfants.

La Check List du film d’horreur

A la lecture du synopsis, on arrive facilement à discerner le film. Toutes les grosses ficelles du film d’horreur sont là. Les petites filles, OK. Le fantôme, OK. La maison maudite, OK. La malédiction, OK. Le mystère, OK.

Heureusement pour nous, s’il suffisait de regrouper ces éléments pour faire un bon film, Hollywood aurait arrêté de nous pondre des Devil Inside, ou d’autres produits insipides depuis un moment. Mais Guillermo del Toro a le flair. En voyant le court métrage Mamá (ci-dessous), il a senti la bonne histoire, le bon réalisateur, et la bonne idée.

Malgré un conformisme certain, le film réussi là où beaucoup se vautrent : effrayer. Andres Muschietti réussit à développer une véritable atmosphère autour de son histoire, grâce à des détails esthétiques bien sentis, et un vrai respect du genre et de ses codes. Même s’il n’invente rien (et ne ré-invente rien non plus d’ailleurs), les ficelles du cinéma d’horreur sont suffisamment bien utilisées pour produire leur effet.

Le cadre dans le cadre, un classique du genre

Le cadre dans le cadre, un classique du genre

La mère est profonde

Mais là ou Mama se démarque de la concurrence, c’est dans sa dimension lyrique. Sans atteindre un grand niveau de poésie, le réalisateur parvient à donner à son scénario une certaine beauté, qui se répercute à l’écran. Au final, les motivations du fantôme de Mamá se révèlent plus ambiguës que la moyenne, ce qui donne une profondeur appréciable à l’histoire.

Et tant mieux, parce que les personnages principaux ne brillent pas pour leur construction. Encore moins les personnages secondaires, plus que génériques, qui ont l’air de n’être présents uniquement pour assouvir notre déviance meurtrière, et donner du rythme au tout.

Un mot sur le fantôme de Mama. Si vous êtes un habitué du cinéma d’horreur espagnol, vous remarquerez une ressemblance entre Mama, et le monstre final de REC. Les deux rôles sont joués par Javier Botet, un espagnol au physique bien particulier. Si vous êtes assez curieux, tapez son nom sur Google, vous comprendrez pourquoi ce genre de rôle lui colle à la peau.

Même si Mama ne chamboule pas le spectateur avec une grande originalité, on ne peut qu’apprécier l’atmosphère, l’esthétique du film, et son final osé du plus bel effet. Si vous cherchez un film d’horreur, n’hésitez pas, celui-ci remplira largement son contrat, et même un peu plus.

Bande-annonce :

Court métrage d’origine :

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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