Les Combattants

Posté dans Critiques par - 20 août 2014
Les Combattants

Arnaud Labrède, 20 ans, vient d’enterrer son père et s’apprête avec son frère à reprendre l’entreprise familiale de menuiserie. L’été s’annonce tout tracé mais c’est sans compter sur sa rencontre avec Madeleine. Sur la plage, l’armée de terre recrute et anime des ateliers de self-combat. C’est à son tour de s’entrainer avec la jeune fille.

Tout les oppose : il est blond, elle est brune. Il est gentil, elle est agressive. Il est ouvert vers les autres, elle n’a pas de temps à perdre.  Il est efféminé, elle a la carrure d’un videur. En quelques jours pourtant une découverte mutuelle s’opère. Arnaud est  intrigué par cet OVNI. Obsédée par l’idée de se préparer à la fin du monde qui approche à cause du climat, des guerres…, Madeleine enchaine les entrainements pour intégrer un stage de commando : footings à n’en plus finir, longueurs de piscine avec des tuiles dans son sac à dos ou smoothies de poisson cru.

Sans trop comprendre pourquoi, Arnaud se sent attiré par Madeleine : cette ténacité, cette façon de savoir où elle va alors que lui suit un destin tout tracé. Mais c’est aussi parce qu’il sent les failles sous la carapace qu’elle s’est construite. Alors il décide de la suivre et de s’inscrire avec elle au stage militaire de 2 semaines. Commence alors leur nouvelle aventure.Les Combattants - Adèle Haenel & Kevin Azaïs

Ce premier film de Thomas Cailley, sélection de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes est une très bonne surprise de la rentrée. Le jeune réalisateur, ancien de la Fémis, joue avec les codes de la comédie. Les situations et les dialogues sont fins et drôles. L’humour doux-amer excelle pour parler de sujets graves comme la destruction de l’environnement et faire mouche. Le film est très ancré dans un décor sylvestre (les Pyrénées Atlantiques dont est originaire Cailley) et les pins à perte de vue sont un cocon pour les jeunes gens amoureux. Cocon si fragile qui peut partir en fumée si on n’y prend pas garde.

Le film est aussi une comédie romantique magnifiquement bien portée par deux jeunes acteurs. On parle beaucoup de Adèle Haenel, plantée et animale mais mention spéciale à Kevin Azaïs, doux et lunaire. La complicité et la sensualité des deux personnages transparaissent dans tout le film.

L’énergie du film tient bien entendu au scénario, aux acteurs mais également à la musique électronique dynamisante, entêtante et savamment utilisée.

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