Le Grand Soir

Posté dans Critiques par - 26 mai 2012
Le Grand Soir

Conviés à une projection du film Le Grand Soir par l’agence WayToBlue, nous avons eu le chance de découvrir le dernier long métrage de Gustave Kerven et Benoît Delépine.

Le Grand Soir raconte l’histoire de deux frères – l’un punk, l’autre vendeur de matelas – qui vont être réunis par la fatalité d’une société en crise…

Du Groland dans mon cinéma…

Les deux acolytes, pensionnaires et auteurs de Groland (Canal +), avaient déjà marqué le paysage cinématographique avec des films comme Aaltra, Louise-Michel ou encore Mammuth.
Le cinéma Delépine/Kerven se veut simple, libre et véhicule des problématiques liées à l’air du temps…

Dans Le Grand Soir, on retrouve le style des précédents travaux du duo qui place le spectateur au beau milieu d’une zone commerciale aux relents de consumérisme abusif.
Le cadre est parfait et colle complètement à cet univers glauque auquel nous ont habitués Gustave Kerven et Banoît Delépine…

Il ne se passe rien…

Que les choses soient claires, on est là à la limite du cinéma expérimental. Les plans sont lents, pesants et étouffants.
C’est d’autant plus troublant que la majeure partie des décors est un enchaînement de façades de boutiques animées et rythmées par les bruit des voitures, des portes automatiques et des chariots de supermarchés. Un environnement familier à 90% des français qui serait presque dépeint ici comme une prison aux barreaux invisibles…

On passe la majeure partie du film à observer les relations entre Benoît Poelvoorde (le punk) et Albert Dupontel (le vendeur de matelas) qui tout oppose de prime abord.
Il ne se passe pour ainsi dire rien. Chacun vivant son quotidien comme il l’entend…

Mais on comprend beaucoup !

Dans cette monotonie volontaire, le licenciement de Jean-Pierre (Albert Dupontel) va tout remettre en cause. La faute à la crise comme diraient certains. Une crise qui va littéralement faire péter les plombs à un Albert Dupontel toujours aussi doué pour jouer les rôles de détraqués.

Ici réside la subtilité de ce film ; on pourrait s’attendre à une suite intense d’événements et à une accélération du rythme mais Le Grand Soir suit sa trame scénaristique à la même vitesse qu’il ne l’avait débutée.
Kerven et Delépine accentuent légèrement les doses d’humour macabre qui les a faits connaître et agrémentent leur film de critiques acerbes envers notre société…

Une révolution ?

Probablement pas. Le style des deux hommes ne semble malheureusement pas assez renouvelé pour proposer quelque chose de vraiment neuf.
Gustave Kerven et Benoît Delépine posent cependant un regard pesant sur le fondement de nos vies. Sommes-nous si conditionnés qu’il ne nous viendrait jamais à l’esprit de sortir de la matrice ?

Le Grand Soir s’avère être un film intéressant et très certainement à voir quand on est à même de remettre en cause ce qui nous semble évident.
Albert Dupontel et Benoît Poelvoorde livrent une prestation de qualité dans une relation fraternelle quasiment à huis clos.

A checker si on est adepte de ce qui fleure bon le Festival de Cannes…

Article rédigé par
Passionné et travailleur du web depuis 2005. Possède une belle guitare et des tickets de cinéma tarif réduit.

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