Hugo Cabret

Posté dans Critiques par - 6 janvier 2012
Hugo Cabret

Je pense pouvoir l’affirmer, sans aucunes formes de prétention : Je suis une personne équilibrée, et je ne cherche pas spécialement à me faire subir d’atroces souffrances. Pourtant, je suis allé voir Hugo Cabret au cinéma. Un côté sado-masochiste latent peut être. Je m’explique…

J’ai été très très vilain, mon père…

Hugo Cabret représente, pour moi, l’antéchrist cinématographique parfait. Pour commencer, il est en 3D, c’est un conte de Noël, et c’est clairement fait pour les gamins, et pour les parents qui ne savent plus quoi en faire pendant les vacances. Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai payé ma place, avec les 2 euros supplémentaires pour la 3D. Pourtant, un petit quelque chose m’attirait. Peut-être que c’était une partie sombre de mon âme qui voulait me faire souffrir. Peut-être aussi que c’était mon âme d’enfant qui me demandait de régresser et de m’émerveiller. Pour être franc, la seconde option me semble plus facile à assumer, alors je vais m’en contenter, et vous aussi.

Une belle VDM pour Hugo, une !

Nous sommes en France, à Paris, dans les années 30. Hugo Cabret est un petit garçon, orphelin, abandonné, qui vit dans une gare. Il s’occupe de remonter les horloges de la gare, tout les jours, dans l’indifférence totale des gens de cette grande gare, qui ignorent tout de son existence. Le seul héritage qu’il conserve de son père, horloger de talent, est un automate qu’ils ont retapé ensemble. Mais pour qu’il fonctionne, l’automate a besoin d’une clé en forme de coeur, que notre petit Hugo n’a pas. Logique me direz-vous, sinon il n’y aurait pas de point de départ au film. Il rencontre alors la jeune Isabelle, qui semble porter cette fameuse clé en pendentif. L’aventure commence, et on finit par remonter aux origines du cinéma lui-même.

Créer le rêve

Parce que le type derrière la caméra, c’est Martin Scorsese, un petit gars qui a une bonne dose de talent, et qui n’en est pas à son premier coup d’essai. Et notre Martin, il aime le cinéma. Et il veut nous le montrer. Et en 3D. Cette fois, elle est enfin utile ! Elle n’est pas là pour faire jolie, elle est là au service de l’histoire. Les plans nous immergent dans le film. Le réalisateur a « sculpté l’espace », et c’est beau. Hollywood aurait mieux fait de donner la 3D à ce genre de réalisateur dès le début plutôt qu’a des manchots du cinéma (Non, je ne donnerai pas de nom… Sauf ceux de Paul W.S Anderson, et de Michael Bay), et je pense qu’on l’aurait beaucoup mieux accueillie.

Bien loin des grosses machines spectaculaires qu’on voit ces temps-ci dans les salles obscures, Hugo Cabret repose sur des personnages, et surtout sur des seconds rôles, très attachants, qui peuplent la gare. L’artiste de génie oublié, le gardien émotionnelement et physiquement handicapé, la fleuriste, la femme du café, le libraire, ils donnent tous corps au récit. Les musiques participent également à cet univers, même si parfois, on a l’impression de frôler le cliché de la musette française ringarde.

Succès débloqué : Trésors du passé

C’est un vrai plaisir de suivre le petit Hugo dans son aventure qui l’amènera aux origines du cinéma. Et c’est précisément ici que le film décolle. On retrouve les tout premiers films, leur charme, et leur inventivité. C’est extrêmement touchant, on ne peut pas s’empêcher de sourire face à ces trésors du passé. Quel meilleur hommage aux débuts du cinéma que de le faire en 3D, le futur du 7ième art ? On ne peut que saluer cet hommage à George Meliès, papa du cinéma, sans qui j’aurais l’air bien bête d’écrire ça, et sans qui on ne pourrait pas s’émerveiller dans les salles obscures. Comme il le dit si bien dans le film, pendant un tournage : « C’est ici qu’on crée le rêve. ».

Bref, je check Hugo Cabret ! Malgré quelques lenteurs, l’amour du cinéma, et la tendresse qui se dégage de ce film nous font passer un très bon moment. Du coup, je suis content de dire que mes pulsions sado-masochistes latentes l’ont bien profond, et que mon âme d’enfant reste intacte.

Oui, cette critique était longue, mais plus c’est long, mieux c’est.

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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