Elysium

Posté dans Critiques par - 16 août 2013
Elysium

En un film, Neill Blomkamp est devenu un réalisateur culte, avec son non moins culte District 9. Chef d’œuvre de SF, District 9 se permettait d’être une véritable claque dans la face du spectateur. Le mélange des genres donnait à son premier long-métrage un mordant incroyable (sur fond de disparités sociales et de ghettos), ce qui lui a valu un succès critique et populaire immédiat.

Avec « seulement » 30 millions de dollars de budget (pour 113 millions de recette), Neill Blomkamp avait mis son public et Hollywood à genoux. Alors imaginez un peu ce que ce génie pouvait faire avec 115 millions pour son nouveau projet !

Qui peut le plus…

2154, l’humanité est dans un sale état. Surpopulation, pauvreté, pollution, guerre, la Terre n’est plus très belle à voir. Sauf pour ceux qui vivent dans l’espace, sur la station Elysium. L’humanité s’est scindée en deux. Les riches vivent sur Elysium, les autres, sur Terre. Sur Elysium, il y a de l’atmosphère, de la verdure, de l’eau, de l’air pur, et pas de maladie, grâce à des capsules médicales permettant de guérir toute les maladies, et toutes les blessures. Une vraie fontaine de jouvence, chez soi. Max, un pauvre ouvrier, ex-légende du banditisme, a encore 7 jours à vivre suite à un accident dans son usine. Le seul moyen de sauver sa peau est de s’envoler sur Elysium et utiliser clandestinement une capsule médicale. Mais son périple devient, au fur à mesure de son avancée, une menace pour les riches, et il risque bien de bouleverser l’ordre établi de ce monde divisé en deux.

Elysium est un pur produit de science-fiction, le meilleur moyen de parler de notre époque étant de parler de notre futur. Après s’être occupé du cas des ghettos, Neill Blomkamp s’attaque aux luttes des classes. Un sujet casse-gueule s’il est mal traité.

… Peut le moins.

Si District 9 fonctionnait sur un certain manichéisme (aliens, pauvres et gentils, contre les humains, riches et méchant), le déroulement du film cachait intelligemment cette simplicité de traitement. Or, Elysium s’y vautre de tout son long, et patauge dans une simplicité étonnante. Les habitants d’Elysium sont mauvais, les Terriens sont bons.Elysium - Matt DamonEt cette fois-ci, il ne faut pas compter sur un déroulement original de l’histoire pour camoufler ce vice. Le scénario s’avère être tristement banal. De ce fait, ce second long-métrage perd le côté impertinent qu’on pouvait attendre de lui, et ne surprend que trop peu son public.

Mais attention ! Avec 115 millions de balles, le réalisateur s’est fait plaisir. Et il le montre, un peu trop même. L’univers est cohérent, crédible, et fourmille d’idées (Elysium ressemblant  trait pour trait à la Citadelle de Mass Effect), les effets spéciaux en imposent, et les idées visuelles (comme les exosquelettes) forcent le respect.

Parade nuptiale

Cependant, la mise en scène est moins volatile que prévue. Beaucoup plus calibrée, plus calme, et très maniérée. Les ralentis, par exemple, c’est bien, c’est joli, ça montre que les effets spéciaux sont travaillés, mais ils ralentissent l’action. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont appelés « ralentis ». Il faut donc y aller calmement dessus. Comme pour les prises de vues directement inspirées des jeux vidéo, qui brisent l’immersion du spectateurs.

A côté de ça, Elysium reste une bonne œuvre, créée avec amour et envie de bien faire. Les acteurs collent à leurs rôles, et mention spéciale pour le bad guy, Sharlto Copley, trop absent du cinéma.

Elysium souffre néanmoins de la comparaison avec son grand frère, District 9, qui était impossible à surclasser. Objectivement, cette version SF et deluxe de la lutte des classes permet à Neill Blomkamp de s’imposer comme un des jeunes talents de ces dernières années, et de confirmer sa légitimité dans le métier, et dans le genre.

Sans être frénétique, le long-métrage est un divertissement intelligent, au propos pertinent vis-à-vis de notre époque.

S’il verse dans une étrange simplicité, et qu’il se pavane un peu sous nos yeux, ce nouveau film reste un morceau de choix cet été.

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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