Django Unchained

Posté dans Critiques par - 17 janvier 2013
Django Unchained

Dissonance cognitive : théorie psychologique qui avance l’idée que, dans un contexte donné, un sujet peut adopter un comportement contraire à ses croyances, opinions, et idées. Il y a alors une « dissonance cognitive », à l’origine d’un inconfort éprouvé par le sujet.

Pour mieux comprendre, je vais vous expliquer ceci de manière imagée. Prenez « Monsieur R ». Monsieur R n’aime pas trop le cinéma de Quentin Tarantino. Il le trouve bavard, long, lent, et visuellement « bizarre ». Pourtant, Monsieur R a vu Django Unchained, le dernier film de Tarantino, et il a vraiment aimé. Il y a donc un déséquilibre entre croyances, et comportement. C’est une dissonance cognitive.

« Oh I’m sorry, did I break your concentration ? »

Django Unchained, c’est une histoire de vengeance, comme d’habitude chez Tarantino. Django, un esclave noir, est racheté par un chasseur de prime allemand, le « docteur » Schultz. Celui-ci a besoin de Django pour reconnaître, et tuer 3 frères, poursuivis par la justice pour meurtre. Mais Django a une autre quête en tête. Il veut libérer sa femme, elle aussi, une noire, dont il a été séparé après avoir été acheté.

Chose assez rare pour être remarquée, ce nouveau long métrage s’attaque de manière frontale à l’esclavagisme. Il fallait bien un Tarantino pour s’attaquer à un sujet aussi peu traité aux Etats-Unis. Et forcément, le scénario y gagne en fraîcheur, et en dimension.

Django n’est ni plus ni moins qu’une personnification du peuple noir, maltraité, et rabaissé, avec ses cicatrices, et sa colère.

La violence jubilatoire du cinéaste atteint son sommet, grâce au sujet même de son film. La violence outrancière, qui ne cache pas les morceaux de viandes qui volent (et les exagère même) trouve un écho au fun que procure la vengeance qui se déroule sous nos yeux. Après tout, cette violence n’est qu’un retour du bâton dans les gencives bien mérité.

La jubilation est aussi transmise par un grand trio d’acteurs, tous plus en forme l’un que l’autre. Un Christoph Waltz en chasseur de prime aussi élégant physiquement qu’intellectuellement, un Jamie Foxx en vengeur silencieux à la gâchette rapide, un Leonardo DiCaprio grandement sadique, sans oublier un Samuel L. Jackson, parfait dans son rôle de vrai-faux vieux. Pas de doute, les personnages sont foutrement bien écrits, et grandement joués, jusque dans l’opposition des deux duos.Django Unchained - Jamie Foxx & Leonardo DiCaprio

Dis « Au revoir » a Madame Lara.

L’humour est également très bien représenté dans le long métrage. L’exagération y joue pour beaucoup, l’interprétation sans faute aussi, mais la mise en scène en est indéniablement la source, tout comme les dialogues. On reproche souvent a Quentin Tarantino d’être trop bavard, mais il semblerait qu’il ait réussi à calmer ses ardeurs de « bla-bla », et nous balance des répliques cultes par pelleteuses. A l’image du « Dis au revoir à Lara. », qui condense tout le cinéma de Tarantino en 30 secondes.

Ultra-référencé, oui. Ultra-codifié, oui. Amour du cinéma, aussi. Mais Django Unchained et bien plus qu’un simple hommage aux Westerns-Spaghettis. C’est un vrai western, de qualité, qui n’a pas à rougir face aux autres films du genre.

Quentin Tarantino a réussi a calmer ses pulsions, à se canaliser, pour nous livrer un film plus mature, tout en respectant sa patte. Fun, politique, drôle, rude, bien joué, bien écrit, poussant à la réflexion, on a bien du mal a trouver un défaut à ce film. Tout comme Kerry Washington à la fin du film, on applaudit devant tant de « cool-attitude » et de classe.

Avant, il y avait Quentin Tarantino, maintenant, il y a Monsieur Quentin Tarantino. Et Monsieur R, il préfère.

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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