Demolition

Posté dans Critiques par - 5 avril 2016
Demolition

Après le succès critique de Dallas Buyers Club, Jean-Marc Vallée se penche sur la reconstruction en période de deuil.

Alors qu’il vient de perdre sa femme dans un accident de voiture, Davis, cadre dynamique de Wall Street, commence petit à petit à lâcher prise…

Le deuil…

Sujet souvent pesant, le deuil fait malheureusement partie de la construction humaine. Nombreux sont les metteurs en scène qui ont tenté d’y prêter attention et l’on ne pouvait que partir avec un apriori positif pour ce film étant donné le talent de Jean-Marc Vallée.

Avec Demolition, il se penche sur l’expérience d’un jeune cadre de la finance dont les sentiments ne sont certainement pas la priorité.
Il trouve en Jake Gyllenhaal deux pendants d’un homme en souffrance : la pudeur et la folie…

New York…

On dira probablement que c’est le métier de Davis qui a suggéré New York mais on arrive tout de même à voir en cette ville toutes les facettes d’une personnalité. On y croise des gens heureux, d’autres malheureux, des traders, des fous et tout un tas de spécimens…
Jean-Marc Vallée isole pourtant son personnage principal dans son chemin vers l’expiation au beau milieu de cette fourmilière humaine. On comprend alors que tout passe par ce moment de solitude.

La promenade venteuse de Cosney Island prête son décor de fête foraine glauque idéal pour ce film sur la torture que peut infliger une telle souffrance.
Comme un symbole, la saison associée à une photographie impeccable ternissent cette plage parfois si vivante.Demolition - Jake Gyllenhaal

La bohème…

Presque improbable, Serge Aznavour accompagne Jake Gyllenhaal dans son projet.

Les choix musicaux, qui oscillent entre classique et bon vieux rock, mettent en exergue la dualité de Davis : passer d’un monde aseptisé à un autre sans limites.

C’est donc sur du Heart qu’il décide de bousculer la bienséance en allant réduire à néant tout ce que représentait son ancienne vie.
La musique conduit ainsi Jake Gyllenhaal à plusieurs séquences probablement jubilatoires comme cette danse endiablée qu’il offre aux passants dans les rues de Manhattan.

Démolition…

Il faut parfois démolir avant de rebâtir ; telle est la morale de Demolition.

S’il ne nous offre pas son meilleur film, Jean-Marc Vallée montre encore une fois l’étendue de son talent.
Sous sa direction, Jake Gyllenhaal propose une belle interprétation de cet homme perdu…

Article rédigé par
Passionné et travailleur du web depuis 2005. Possède une belle guitare et des tickets de cinéma tarif réduit.

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