Dark Shadows

Posté dans Critiques par - 10 mai 2012
Dark Shadows

Le printemps est là, les jours rallongent, les jupes raccourcissent, les stocks de boissons fraîches se vident, et les terrasses se remplissent. Seulement, voilà, vous êtes fan de Tim Burton, et vous vous complaisez dans le noir. Alors pour fuir cet élan de vie qui vous irrite autant que des hémorroïdes, vous allez au cinéma pour voir le dernier film de votre réalisateur chouchou : Dark Shadows. Je préfère vous prévenir : vous feriez mieux d’aller dehors et vivre comme les gens normaux, au lieu de mal vous habiller, de jouer au rebelle, et d’aller au cinéma.

Une bien bonne méchante

Avant de m’expliquer face aux personnes que j’ai vexées avec mon introduction, laissez-moi vous parler du scénario. Nous sommes en 1752. Le riche Barnabas est amoureux de sa belle Josette, ce qui n’est pas du goût de la bonne, qui, pas de chance, est une vilaine sorcière. Jalouse, elle maudit Barnabas et sa chérie. L’une meurt, l’autre devient vampire, et finit enterré vivant (ou enterré mort, je sais pas trop vu que c’est un vampire) pour l’éternité. Mais voilà, deux siècles passent, et des ouvriers réveillent Barnabas par erreur. Il va donc chercher à redorer le blason de sa famille, maintenant déchue, et faire face à la bonne sorcière devenue riche, blonde, et célèbre.

Donc… Histoire de vampires, fantômes, sorcières, et plein de sales bêbêtes. Bref, ça colle à l’univers de Tim Burton. Déjà déçu par ses 2 précédents long métrages, j’attendais celui-là de pied ferme.

« C’était mieux avant »

Quand on dit Tim Burton, on pense directement à des visions hallucinantes, tordues, et originales, à des angles de vue millimétrés, oniriques et beaux. Bah oui, c’est ce qui permettait de le différencier des autres réalisateurs pas très funky. C’est cette maîtrise de l’image et des récits qui a créé, presque malgré lui, un contrat avec son public. Du coup, on s’attend à ce qu’il le remplisse en nous en mettant plein les yeux.

Dark Shadows est un film sombre, qui colle à l’univers de son réalisateur, c’est évident. Mais Dark Shadows ne remplit pas son contrat. Pas de visions hallucinées et hallucinantes. Pas de côté « conte de fées » glauque. Pas d’images marquantes comme on a pu y avoir droit avec Edward aux mains d’argent ou encore Les Noces Funèbres. Pas d’humour noir. Rien, nada, que dalle ! Ou trop peu.

Le récit se concentre sur les personnages, au détriment du rythme, et de la beauté des images. Malgré un bon départ, le film s’enlise. L’humour bien trop en retrait n’aide pas au dynamisme. L’action non plus, mais ce n’est pas très grave, parce que ce n’est pas là qu’on l’attend. Une fois installée, l’histoire avance un peu plus vite, et le « climax » vient sauver le tout.

Toujours mieux qu’un Paranormal Activity

Alors on ne va pas cracher sur un Tim Burton non plus, parce qu’on sent le talent, la maîtrise, et on passe tout de même un bon moment. Bien que dispensable, le film vaut le coup… Mais nous l’avons connu bien meilleur que ça. En sortant, j’ai eu l’impression d’avoir vu un film un peu trop sage, qui s’est déroulé comme une machine parfaitement huilée, et qui a paumé son âme quelque part dans le studio de tournage. C’est dommage, d’autant plus que j’ai l’impression que le petit Tim ne cherche plus à nous surprendre.

Je check pour les fans absolus du réalisateur qui ne veulent absolument rien rater de sa carrière. Les autres s’en passeront, et iront dépenser leur argent dans une bière fraîche, au soleil, avec des amis. Finalement, et pour une fois, le vrai monde et les vivants sont plus amusants que les morts de Tim Burton.

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Sinon, parfois, je vais au cinéma. Parfois...

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