Capitaine Phillips

Posté dans Critiques par - 20 novembre 2013
Capitaine Phillips

Tom Hanks a un physique banal. On ne fait pas attention à lui, mais dés ses premières scènes, il crève l’écran, on en redemande toujours. Il ne déroge pas à la règle dans Capitaine Phillips.

Aux premières images, le style de Paul Greengrass est déjà là, bien posé. Il se repère à 10 kilomètres. Le film est tourné à 95 % caméra à l’épaule, dans le même esprit de la saga Jason Bourne.

Capitaine Phillips se découpe en 2 parties bien distinctes. Le réalisateur déroule une suite logique sur la préparation des différents personnages. D’une part, le Capitaine Phillips préparant son voyage, prendre ses fonctions sur son porte-conteneurs le Maersk Alabama et d’autre part les somaliens planifiant leur opération.

Le réalisateur suit le capitaine inspectant son navire et contrôlant déjà la sécurité comme la vérification de cadenas sur les grilles pour ralentir la progression d’éventuels pirates… En parallèle donc, le cinéaste met la lumière sur les conditions de vie des somaliens et n’hésite pas déjà à montrer que les pirates sont de pauvres bougres, de simples pêcheurs cherchant à survivre. Ils sont bien sûr manipulés par un « chef » et sont poussés à agir, pour continuer à pirater des navires afin d’obtenir de plus belles rançons.Capitaine Phillips - Navire

Le casting est déjà bien excellent à ce niveau des personnages. Le petit chef pirate, Muse (Barkhad Abdi), est extrêmement bien choisi. Il reflète à lui seul la condition du peuple somalien confronté aux guerres et famines.

S’ensuit après l’abordage du porte-conteneurs.

La seconde partie se situe surtout à l’intérieur du canot de sauvetage du porte-conteneurs avec la mise en place des secours américains. On aperçoit là toute la maîtrise du jeu d’acteur de Tom Hanks mais aussi de la réalisation de Paul Greengrass.

Le rythme de ce long métrage monte en crescendo, une pause au milieu puis une accélération de l’histoire ensuite. Greengrass aime nous malmener avec ses mouvements de caméra. Certains n’apprécient pas, le public peut ressentir une petite nausée ! N’empêche, sa réalisation est appropriée et accentue la force des événements. A aucun moment, le spectateur ne se sent à l’écart de l’histoire.Capitaine Phillips - Tom Hanks

La méthode de Greengrass est casse-gueule si le talent est absent, mais ce n’est pas le cas pour lui. Tout reste cohérent. C’est fluide, le spectateur comprend toujours ce qui se passe sous ses yeux, il n’est jamais largué. Le réalisateur arrive aussi à nous faire approprier les personnages, à les apprécier.

D’autant plus que les scènes tournées à l’intérieur du canot de sauvetage sont excellentes ! Paul Greengrass ne s’affranchit pas du décor. La caméra est l’œil d’un acteur. Le cameraman est dans le bâteau. Pas à côté, pas ailleurs. Le sentiment d’étroitesse, de montée en pression, tout est là.

La musique accompagne également la montée en puissance du film, maintient le spectateur en pression jusqu’à la fin et le laisse sonné !  Que dire donc des dix dernières minutes du film, magistrales ! Ce film mérite d’être vu, en plus de sa qualité de réalisation, pour la prestation écrasante de Tom Hanks. La caméra reste sur lui, le réalisateur sait pourquoi et le public aussi ! Rarement une salle est restée silencieuse et assise quelques instants après l’apparition du générique. Bref, une réalisation haletante et toujours très claire et compréhensible.

Un grand film à suspense pour un casting au poil. A checker bien évidemment ! Capitaine Phillips méritera sa place dans l’étagère Blu-ray et concourt dans mon coeur pour l’un des meilleurs films de 2013. Yeah !

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